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Parfois l’éducation semble échouer mais rien n’est impossible à Dieu.

La première éducation

JEAN : Nous avons quatre filles. Quand elles étaient petites, j’étais permanent dans le scoutisme. Elles ont été associées à l’atmosphère des camps et des réunions amicales.
Par la suite, sa vision de l’éducation pour elles a été influencée par cet idéal. Je souhaitais qu’elles aient une grande ouverture aux autres. Cependant, je n’avais pas avec elles la communication que j’aurais désirée. En effet, elles ne partageaient pas mes intérêts : la nature, les camps, le travail manuel comme un garçon aurait pu le faire, à leur âge.

FRANCOISE : Pour nous, les vacances ont toujours été un temps fort.
C’était une occasion pour toute la famille de se retrouver ensemble.
Comme jean, j’avais un idéal. Bien sûr, je souhaitais que mes enfants connaissent Dieu. Mais je me rends compte maintenant que ma vision était un peu faussée. A l’époque, j’avais l’impression que pour connaître Dieu, il fallait suivre une ligne toute droite.
Pour moi, l’éducation c’était réussir à faire en sorte que les enfants mettent leurs pas là où l’on pense, les manipuler pour qu’elles arrivent à faire ce qu’on estimait être bien : pratiquer une morale, vivre en société…

Un climat qui se dégrade

JEAN : Quand l’adolescence est arrivée, le climat s’est dégradé.
Il y a eu une difficulté particulière de relation avec l’une de nos filles. Je me souviens, quand je l’emmenais en classe, elle n’avait pas envie de parler, et je sentais qu’elle n’avait pas non plus envie que je lui parle. Mes autres filles avaient des caractères très différents.
Il n’y avait pas de blocage systématique, mais souvent les discussions n’étaient pas simples. J’aurais aimé les écouter, les entendre. Sans doute, mon attitude les bloquait parce que j’étais trop pointilliste, trop radical, la crise d’adolescence collective de mes filles me troublait profondément. J’avais été scout. J’aimais les choses bien rangées. Or, c’était souvent le bazar dans la maison. L’une d’entre elles était particulièrement désordonnée. Tout traînait j’étais très “en boule”. J’avais l’impression qu’elles faisaient cela pour m’agresser.

FRANCOISE : Dans le même temps, elles ont coupé les relations avec les pratiques religieuses. Je vivais davantage que Jean en proximité avec elles. Mais les difficultés de communication me renvoyaient à ma propre difficulté de communiquer. Le médecin de famille en me soignant pour une dépression que je faisais à la suite d’une fausse couche, m’avait laissé entendre que les communications ne seraient pas toujours aisées dans la famille. Je me sentais en échec.

JEAN : Au départ, je me disais qu’il fallait que je contrôle les conditions dans lesquelles vivaient mes enfants : à la maison, à l’école, dans l’interécole. J’ai très bien vu au bout d’un moment, que je n’étais pas maître du jeu. Elles voyaient n’importe quoi, n’importe qui, cela nous échappait complètement. Elles étaient soumises à tous les vents. Où était la bonne éducation ? Il n’y avait plus rien. Cela me paniquait. J’étais angoissé. Et bien sûr, cela créait chez moi un blocage vis-à-vis d’elles.

Quand les parents changent de cap

JEAN : A cette époque nous avons commencé, Françoise et moi, à fréquenter un groupe de prière. Ce qui m’a frappé d’abord, c’est la louange. J’ai entendu des gens qui louaient le Seigneur. C’était tout à fait gratuit : “merci, Seigneur”, tu es grand. Tu m’aimes.”
Je n’avais jamais vu cela. Et cela a été pour moi, un début d’interrogation. J’ai commencé à évoluer et, un an après, au cours rassemblement chrétien, j’ai dit au Seigneur : “tu vois je suis dépassé, je démissionne. C’est Toi qui prends les commandes”. En moi-même, je reconnaissais ainsi mon impuissance et je faisais confiance au Seigneur. Quasi immédiatement, mon état d’esprit a changé. Les gens qui avaient des visages tristes me sont devenus sympathiques.
Il y a des choses que je ne voyais pas et je me suis mis à les voir, bien éclairées, bien belles.

A partir de cette conversion, mon regard sur mes filles a changé. Je me suis dit : si je ressens qu’elles m’agressent, c’est à moi de les comprendre et d’essayer de voir ce que cela recouvre. Je n’ai pas à les juger. J’ai commencé à ressentir de la bienveillance, là où l’agressivité me semblait coutumière et réciproque.
Cette transformation a été rapide. L’une de mes filles me l’a dit plus tard : “çà va tout de même mieux depuis que tu t’es converti”

FRANCOISE : j’ai ressenti également un changement. Nous étions dépossédés du pouvoir. C’est Dieu qui conduisait. Par apport à notre fille avec laquelle la relation était la plus difficile, un déblocage s’opérait peu à peu. Il arrivait qu’elle sorte de sa chambre le soir et nous avions des conversations qui duraient des heures. Le Seigneur agissait en moi. Il est vraiment pédagogue. Tout cela est venu petit à petit. J’ai ressenti que ma relation avec ma fille devenait une relation de personne à personne.
Elles me faisait part de projets avec lesquels je n’étais pas d’accord. Je lui disais pourquoi. C’est elle qui décidait. Il y avait maintenant beaucoup plus de confiance entre nous.

JEAN : Nos enfants ont bénéficié d’un nouveau réseau d’amitié qui les a aidés. Je me souviens de ce soir, à la gare de Fontainebleau, où nous avons mangé une omelette avec notre fille et un couple ami.
La jeune femme, nous a raconté ce que le Seigneur venait de faire pour elle, comment elle avait été guérie d’un grave trouble psychique. Notre fille a été interpellée.

JEAN : Nos filles ont été témoins des actions du Seigneur autour du groupe. de prière. Elles ont pu constater la guérison d’un jeune homme gravement malade. Elles ont vu ainsi combien les relations pouvaient s’améliorer à travers la transformation d’une famille dans notre voisinage.

Jean et Françoise LAGARDE

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