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Bonjour Annick. Témoins a la joie de vous accueillir dans sa galerie ** Voir la galerie ** . Vous êtes née en Belgique et dites avoir reçu en héritage l’amour de la peinture. Quand et comment avez-vous ressenti cet impérieux désir de peindre ?              A.D. Cet héritage me vient de la famille de maman où il y a des artistes peintres qui ont étudié à l’école des Beaux-Arts à Bruxelles. J’ai découvert cela depuis peu de temps et mieux compris ce désir de peindre qui m’anime depuis l’enfance. Très petite, je dessinais dès que j’avais du temps et je me sentais alors heureuse et libre… Mes parents par contre n’ont pas saisi l’importance de ce besoin, ce don chez moi.

 

Sur votre site vous écrivez : « Je peins dans ma tête depuis que je suis petite et réellement depuis 6 ans ». Quelles sont les circonstances qui vous ont empêché puis permis de passer de l’acte de « peindre dans votre tête » comme vous dites, à celui de peindre « en vrai » ?  ** Voir le site **
Ce qui m’empêchait de peindre ? C’est la phrase de mon père : “ça ne sert à rien”, ce fut
ensuite l’interdit que je m’imposais face aux réactions prônant que je devais être totalement là pour les enfants et leur papa, que « je n’en avais pas le droit ». Les années ont passé.
A 37 ans j’ai quitté mon mari, puis le divorce a suivi et, séparée de mes enfants, j’ai erré longtemps loin de Dieu. Je l’avais abandonné. Puis, il y a 5 ans, je me suis remariée avec David. Un jour, sans  prévenir, il m’a rapporté de la peinture, des pinceaux et un chevalet. Il savait que je devais peindre.
A la même époque j’ai repris la main de mon Sauveur et il m’a relevée.
Ce qui m’a alors permis de peindre en “vrai”, c’est le renouvellement de mon regard sur moi-même, sur ce droit d’être moi que de toute ma vie je ne m’étais pas donné.

Que voulez-vous dire par « renouvellement de votre regard sur vous même » ?
Pour m’accorder ce droit à une existence personnelle j’ai dû me libérer de principes issus de l’éducation que j’avais reçue et, en paix avec Dieu, j’ai pu poser des actes clairs et refuser enfin de vivre dans la culpabilité. Cela a provoqué un temps quelques réactions et ruptures familiales.
Pendant 4 ans, j’ai alors avancé, appris à croire, découvert et accepté que le Dieu qui m’a créée m’aime et désire que je vive. Il a mis les bonnes personnes sur mon chemin qui m’ont accompagnée et conseillée (mon mari, des amis chrétiens…)
Je sais maintenant que la vie vaut la peine d’être vécue, que je suis là parce que Dieu le veut, que le passé est derrière moi, que Jésus m’a renouvelée, ramenée à Lui et à moi-même, et qu’il m’aide à accepter ce que je suis.
Je ne crains plus ou presque plus le regard de l’autre et dès que je ressens une culpabilité quelconque ou la peur m’envahir, je prie le Seigneur qu’Il repousse de moi ce qui veut m’attirer vers le bas en me faisant croire que je ne vaux rien, en me rappelant mon passé. Et je me sens à nouveau libre, en paix et dans cette joie indéfinissable que Jésus donne !

Quelle place occupe aujourd’hui la peinture dans votre vie ?
Elle est l’outil de ma guérison intérieure. Elle est un don que Dieu, dans sa générosité, me donne et par elle je désire parler de Lui, transmettre son message à chacun.
Ne travaillant pas à l’extérieur, j’ai pu suivre des cours de perfectionnement et aujourd’hui je consacre beaucoup de temps à la peinture.

Quels sont les peintres qui vous inspirent ?
Je dirais des anciens comme Millet, Pissarro, Monet, Daubigny et aujourd’hui Yamanode…
Au travers de leurs œuvres je perçois une grande humilité, de l’admiration, du respect et de la reconnaissance devant la nature et la création humaine. Tout nous est offert. Ils m’invitent à prendre le temps de regarder, d’observer, d’aimer. J’aurais rêvé vivre à ces époques où les valeurs avaient, me semble t-il, plus de sens.

Votre approche chrétienne de la vie influence t-elle votre art ?
Oui, je crois. J’essaie de comprendre ce qui me séduit lorsque j’ai un projet.
Je demande chaque fois au Seigneur de me guider, de m’aider à exprimer ce qu’Il désire, à discerner et à traduire avec la peinture ce que l’homme peut percevoir, recevoir, comprendre, rencontrer, entendre.

Aimeriez-vous partager en quelques mots votre itinéraire spirituel ?
Je viens d’une famille chrétienne assez sévère et mon adolescence fut très tourmentée.
Convertie à l’âge de 16 ans, j’ai demandé spontanément le baptême lors d’un camp de jeunes.
Je me suis mariée à 19 ans, j’ai eu trois enfants, que j’ai essayé d’éduquer dans la foi chrétienne.
Mais ma façon de vivre la foi n’était pas celle que je voulais. Mon âme et mon esprit étaient malades et avaient besoin d’une guérison très profonde.
Je me suis peu à peu découragée car j’étais très seule et n’avais personne à qui me confier qui aurait pu me guider justement. J’ai tout abandonné et erré longtemps…

Mais le Seigneur m’aimait plus que je ne l’imaginais. Il est venu jusqu’à moi, s’est agenouillé, m’a pris la main et m’a dit doucement: “allez, viens, c’est fini”. Je l’ai laissé prendre ma main, je me suis levée et l’ai suivi.
Combien Il a été bon, combien Il l’est et le sera encore. Depuis je veux vivre à ses côtés mais je l’écoute encore bien imparfaitement et je le suis en boitant.
Ma certitude, c’est qu’Il m’aime, qu’Il est le seul à ne jamais m’abandonner, le seul à tout comprendre, même les pires drames de ma vie, le seul à pardonner vraiment …et  je l’aime en retour tellement.

Aujourd’hui, je persévère dans mon travail en confiant à Dieu mon avenir, sachant que lorsqu’Il estimera le temps venu, Il me guidera et me montrera comment le servir.

Interview d’ Annick Dehon par Françoise Rontard

         annick.dehon@base.be 

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