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906-01LivreSteffens2« Chacun est mis au monde avant d’avoir pu choisir ou décider quoi que ce soit. On reçoit la vie sans l’avoir demandée. » Face à ce constat Martin Steffens nous propose dans son « Petit traité de la joie » une approche philosophique et existentielle autour de ce défi : consentir à la vie au lieu de la subir….

FS : Merci, Martin Steffens, de partager avec nous le propos de votre « Petit traité de la joie » sous-titré « Consentir à la vie » (1 ). Qu’est-ce qui en a motivé la rédaction ?
MS : Une chose m’a touché dans la philosophie de Nietzsche, des stoïciens, et même dans la philosophie chrétienne, ce commun souci de dire oui à la vie : ce « ya sagen » de Nietzsche, cet « amor fati » des stoïciens, ce fait d’aimer sa destinée quelle qu’elle soit, et, dans le christianisme, ce oui au don premier de notre être.

 

FS : Ce oui à la vie ne va pas de soi ?
MS : Non puisque consentir signifie donner son aval à ce qui arrive. Or on vient au monde sans l’avoir demandé et sans avoir choisi son corps ou sa famille, etc. On est « jeté » dans un monde que l’on a ni créé, ni voulu. La créature n’est pas le créateur.

FS : Nous sommes tous des accidents, même l’enfant désiré?
MS : Nul n’a été désiré par ses parents pour lui-même, tel qu’il est. Ils voulaient certes un enfant mais pas tel qu’il est lui précisément. Ce fait est plus ou moins ressenti par chacun selon qu’il est fort ou peu aimé et, dans l’épreuve, s’écrier : « Pourquoi moi ? » peut parfois se traduire : « Je n’ai rien demandé ! ».

FS : Ainsi le défi de l’existence serait d’y consentir ou de la refuser ?
MS : Ma vie, reçue sans l’avoir demandée, il me revient un jour de la vouloir pour ne pas demeurer dans la passivité. Etre adulte c’est pouvoir se dire : cette vie que je n’ai pas demandée je peux la refuser et, sans aller jusqu’au suicide, il est bien des façons d’exprimer ce refus : s’abrutir, cultiver sa tristesse… Mais être adulte c’est aussi pouvoir offrir à sa vie son plus grand oui et en déployer la pleine mesure.

FS : Ce consentement ne ressemble t-il pas à de la résignation ?
MS : Dans l’épreuve ne confondons pas consentement et résignation. Accepter, au sens faible, c’est baisser les bras, se laisser écraser par la peine. Mais, au sens fort, c’est retrousser les manches, puiser dans ses meilleures forces et montrer son plus beau visage face à l’épreuve. Je songe à la phrase de Beethoven notée sur la partition n°16 en Fa majeur pour quatuor à cordes : « Muss es sein, es muss sein ! » « Cela doit être eh bien, que cela soit ! ». Dans ce consentement l’extraordinaire consiste à choisir ce qu’on n’a pas choisi. Ce que tu peux, dit 906-03RCharRené Char, c’est reprendre à la première personne cette vie qui d’abord s’est écrite sans toi et la signer.

FS : Est-ce réellement choisir que de consentir ?
MS : Etrange choix en effet que celui de vouloir ce qu’on n’a pas voulu au départ, mais qui change tout. Entre l’épreuve subie et l’épreuve consentie, la vie subie et la vie consentie, il y a un monde. Nietzsche fait du consentement la question primordiale. En acceptant l’épreuve je déploie des forces qui, sans elle, ne se seraient jamais révélées. Le consentement a l’étrange pouvoir de faire que ce qui était marqué du sceau de l’adversité anonyme va pouvoir devenir mien. Si j’offre à cette existence qui, avec ses manques et ses défauts, est mienne, un grand « oui » je reconnais qu’il aura fallu ces circonstances douloureuses (maladie, séparation…) pour qu’aujourd’hui je sois cet homme qui dit oui. Et ce oui aura le pouvoir d’ouvrir les bras, non seulement à l’avenir mais au passé pour le colorer de toute sa plénitude.

FS : Vous évoquez « la jeunesse des anciens » qui disaient : « je n’ai pas mérité d’être, que dois-je faire pour honorer ce don ? » C’est un vrai appel à la conversion, à un changement de mentalité !
MS : On conjugue souvent sa vie au conditionnel : Si j’avais eu ceci j’aurais pu…,  si j’avais cela je pourrais enfin … « L’homme ne vit pas mais il espère de vivre. Et nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais », dit 906-04PascalBlaise Pascal dans Les pensées. Cessons de conjuguer notre vie au conditionnel, apprenons à vivre au présent, ce qui suppose de l’accueillir peut-être comme un « présent », un cadeau. Le problème de la modernité est qu’elle part d’un individu détenteur de droits à revendiquer et qui se dit : « si je n’ai pas choisi de vivre qu’au moins on me rende heureux ! » Envisager le bonheur comme un dû rend malheureux. Il faut l’envisager comme un don, une grâce, et penser : je n’ai pas mérité de naître, que dois-je faire pour honorer ce don ? La réponse des anciens grecs est : sois toujours prêt à sacrifier ta vie pour ce don ; celle des chrétiens : la meilleure façon d’honorer ce don est de le recevoir pleinement et d’en rendre grâce.

906-05NietzscheFS : Il y a donc deux oui : le oui nietzschéen et le oui chrétien. Qu’est-ce qui les distingue ?
MS : Nietzsche se considérait comme le premier véritable athée car, pour lui, les autres penseurs dits athées remplacent Dieu par quelque chose : la Révolution, l’Homme ou l’Humanisme… Un véritable athée déclare que rien n’a de sens. Face à l’absurdité de l’existence, trois voies sont possibles : soit la nier et en « donnant un sens à sa vie », mais c’est avouer qu’elle n’en a pas ; soit prendre acte de cette absurdité, c’est le nihilisme ; soit, la voie qu’il promeut : ça n’a aucun sens de se lever le matin, mais je le fais quand même. La posture tragique de Nietzsche tient dans cette locution adverbiale : quand même, malgré tout. La vie n’est pas aimable mais je l’aime quand même.
Le oui chrétien n’est pas de cette nature : pour lui l’absurdité cache la gratuité car l’absence de Dieu dans le monde cache un don. En effet, il n’y a réellement don que si le donateur se retire, que s’il a la délicatesse de ne pas s’imposer. Le chrétien ne dit pas « oui à la vie quand même », mais « merci au donateur » et par là il révèle Celui qui s’est retiré pour donner parfaitement.

FS : Justement, Nietzsche reproche au christianisme de faire peser sur l’homme une dette insolvable envers Dieu puisqu’il lui doit tout.
MS : Voir en Dieu un donateur nous chargerait d’une dette infinie, impossible à rembourser ? Mais c’est faire un contresens sur la nature du don. Dire merci ne transforme pas le don en dette, au contraire, c’est révéler, recevoir et apprécier la valeur du don. Rendre grâce n’est pas rendre. Rendre grâce c’est prendre acte de ce qui m’est donné et m’en réjouir pleinement.906-06PhilonPhilon d’Alexandrie avait cette belle formule : « On ne peut rien sacrifier à Dieu car tout lui appartient. » Comment pourrait-on donner à quelqu’un ce qui lui appartient déjà ? La seule chose que l’on peut lui donner, c’est notre merci. Ça, ça ne lui appartient pas ! Et loin d’en déduire : « Dieu m’a donné d’être mais je n’en suis pas digne… » je signifie, en remerciant, que j’accueille ce don et partage la joie de Dieu à donner.

FS : L’amour est à la base de cela ?
MS : Le Dieu des chrétiens est pensé à partir de sa nature trinitaire. C’est un Dieu relationnel et donateur : le Père est toujours déjà Père et donne tout au Fils. Ils sont de même nature. Mais le Fils est autre puisque, s’il y a don, le don est donné à un autre. Et cette circulation d’amour elle-même peut être pensée comme étant l’Esprit Saint.
On distingue deux conceptions de dieu : centrifuge et centripète. Un dieu centrifuge dévore, demande de tout lui sacrifier, de haïr le monde pour l’aimer lui seul. C’est une idole (un pays, une drogue…). Un dieu centripète est un dieu qui, tout en attirant à lui, renvoie toujours aussi vers le monde. Le Dieu chrétien, parce qu’il est relationnel, dit que l’aimer c’est aussi aimer son prochain.

FS :     Mais l’un de vos chapitres s’intitule « la joie douloureuse d’aimer ». Vous y parlez de mort à soi même.
MS :    Il est deux façons d’aimer : possessive, et tout amour, celui pour un enfant, ou celui de l’amoureux, commence ainsi. Mais l’amour ne s’accomplit pleinement que dans la dépossession, dans l’acceptation que cet enfant qui est mien puisse plus tard faire sa vie sans moi. Le rôle des parents est paradoxal : ils œuvrent non pour gagner mais pour perdre, pour que leur enfant accède à la liberté et à l’autonomie. Ils font tout pour qu’il puisse, au final, se passer d’eux, et cela sans la certitude d’une gratitude en retour. L’amour de dépossession est un chèque en blanc. Dans tout véritable amour il y a une part de douleur. Plus on s’ouvre à l’amour, plus on prend le risque de souffrir.
On peut objecter que consentir à la vie n’a pas de sens puisqu’elle inclut de la souffrance. Mais, en remontant à la source de cette souffrance, on découvre qu’elle vient de l’amour. Cette vie, faite de joies et de peines, vaut d’être vécue car la joie y est première. En effet, je ne souffrirais pas de perdre une personne si je n’avais eu d’abord la joie de l’aimer.

FS : Que penser du « pourquoi m’as-tu abandonné ? » de Jésus à Dieu le Père ?
MS : A l’intérieur de la Trinité perce une dramaturgie du risque. Oui le Père donne tout à son Fils, vraiment tout, c’est-à-dire même le risque que son Fils, sur le mont des Oliviers, préfère ne pas honorer ce don…

FS : Mais il a aussi dit : « Ma volonté plutôt que la tienne. »
MS : Si élever un enfant revient à prendre le risque qu’autonome il montre de l’ingratitude, je crois que Dieu a pris ce risque avec les hommes. Il y a dans le Dieu trinitaire une séparation surmontée. Notre Dieu apporte le glaive, non la fusion. On n’est pas dans une religion fusionnelle où l’autre est identique à moi. Abel n’est pas Caïn. Dans cette séparation il y a le risque de la haine et celui, très beau, de l’amour.

FS : Consentir à la vie est un processus un peu difficile mais qui apporte le bonheur ?
906-08BernanosMS : Le bonheur ou la joie. Que met-on derrière le mot bonheur ? L’absence de souffrance, ce que les grecs appelaient ataraxie et Bernanos l’enfer tiède ou climatisé, un bonheur sans aspérité ? Non, consentir c’est ouvrir ses bras au risque en sachant qu’on souffre à proportion de son ouverture. Je ne souffre de voir partir une personne que si je l’aime. Tel est le beau risque de vivre pleinement. On aurait pu rester amibe ou bactérie. L’homme est le plus sensible des animaux. Il ouvre ses bras à un maximum de douleurs et de joies à la fois. Il faut dépasser l’opposition bonheur/malheur pour arriver à la joie qui embrasse même la possibilité du malheur.

FS : Mais pouvons-nous être heureux quand près de nous d’autres ne le sont pas ?
MS : Consentir à la vie n’est pas consentir aux seuls petits bonheurs de l’existence mais donner son cœur à une joie parfaite, une « joie imprenable », comme dit 906-09LyttaBLytta Basset. Est-ce égoïste au regard des souffrances du monde ou d’un proche ? J’inverserai le problème : n’invoque t-on pas souvent les malheurs du monde ou d’un proche pour s’interdire le droit d’être heureux ? On a parfois l’art de se gâcher le bonheur au nom de ces malheurs et de se culpabiliser d’être heureux !

FS : Pourquoi agit-on ainsi ? Vous écrivez : « Le bonheur fait peur » !
MS : On a beaucoup dit, à partir du XIXème siècle, et notamment des philosophes du soupçon, que le pire pour l’homme est de savoir que la vie n’a pas de sens. Je n’en suis pas sûr. Je côtoie chaque jour des élèves en grande majorité athées à qui cela va très bien ! Ce qui, en réalité, est inconfortable pour eux c’est que la philosophie dise que leur vie n’est pas idiote car elle les invite alors à changer. Si je porte un nom pour être appelé par l’Absolu, par Dieu, afin que ma vie soit un chemin où progresser pour donner tout mon fruit, je ne peux plus passer quatre heures par jour devant un jeu vidéo ! Le refus d’être heureux, de penser que la vie a un sens, est confortable en ce qu’elle m’autorise à ne pas la prendre au sérieux. Le défi aujourd’hui est d’inviter les gens à prendre ne serait-ce que leur nom au sérieux et à se demander : j’ai été appelé par qui et à quoi ?

906-10Cioran2FS : On revient aux propos du début : dire « je n’ai pas choisi » serait une fuite en avant…
MS : Cioran écrit : « Tous nous avons chu dans un nom ». Consentir à sa vie, c’est la laisser révéler son sens, se dire qu’on n’a pas chu dans un nom mais qu’on l’a reçu pour être appelé à, et d’abord peut-être pour remercier de l’avoir reçu.

FS : « Je ne suis pas le seul centre du monde », écrivez-vous dans un chapitre sur le décentrement.
MS : Tandis que j’écrivais le livre un ami m’a dit : « J’ai l’impression qu’un des critères de l’avancement spirituel est la capacité à se réjouir de la joie des autres. » Cela résume tout. Effectivement quand, de mauvaise humeur pour x raisons, je reste capable de me dire que n’étant pas le centre du monde je n’ai pas à l’enfermer dans ma mauvaise humeur, ni à blâmer l’existence parce que je ne suis pas bien, alors là ma joie est imprenable. Si, loin d’enfermer le monde dans mon propre désespoir, je songe qu’ailleurs un couple se dit « je t’aime », une grand-mère fait des crêpes à ses petits enfants, si je suis capable de ce décentrement, on ne peut plus me prendre mon bonheur.

FS : L’exemple de l’anniversaire est très parlant.
MS : L’anniversaire est curieux puisqu’on me félicite pour quelque chose que je n’ai pas choisi et dont je ne peux tirer aucun mérite. On devrait plutôt féliciter ma maman ! Mais fêter mon anniversaire c’est me dire : le jour où tu es apparu à l’être est une belle chose qui signifie beaucoup pour nous. Imaginons des parents qui, au lieu de sa naissance, fêteraient le jour où leur enfant a eu son diplôme ! Dire à quelqu’un : Il est bon que tu sois, n’est pas lui dire : que tu sois ceci ou cela, non, juste que tu sois. Être ou ne pas être, telle est bien la question, et il vaut mieux être que ne pas être.

FS : Vous citez906-11Leibniz Leibniz : « Toute vie est toujours déjà réussie. » Peut-on oser dire ça à un malade du cancer ou à un chômeur ?
MS : De grandes figures de « sainteté » ont pu dire, dans leurs heures les plus sombres, « tout est bien ». Œdipe dans Œdipe à Colonne de Sophocle, ou 906-13SteThThérèse de Lisieux pour qui « Tout est grâce ». Elles ne disent pas cela dans les bons moments mais dans les plus douloureux pour signifier, selon la formule de Jean-François Noël, qu’elles « ne souffrent plus d’avoir à souffrir ».
Etre malade, c’est déjà être en vie et qui se sent triste connaît ce qu’est le bonheur. Il faut remonter à la source de son être pour en retrouver le don inestimable. Il est des figures de « sainteté » comme 906-14EttyHEtty Hillesum qui, plus elle perdait la liberté, plus elle découvrait la joie authentique de vivre au point d’accepter à la fin de prendre le chemin du camp de concentration.Dans la perte des choses le don de l’être, de la vie, est parfois comme mis à nu et rendu visible.

 


FS : Vous avez un chapitre sur la prière où vous expliquez qu’elle n’est plus une demande de biens matériels ou d’un bonheur à réaliser. En quoi consiste t-elle donc ?
 l’être, de la vie, est parfois comme mis à nu et rendu visible.

MS : Dans la prière on ne demande pas à Dieu que le monde s’articule selon l’ordre et parfois le désordre de nos désirs. On Lui demande l’impossible : de pouvoir, au cœur de l’épreuve, rester fidèle à la source, c’est-à-dire de continuer à aimer. La mère d’un enfant malade ne demande pas de revenir en arrière et de faire que son enfant n’ait pas été pas malade. Non, elle demande à Dieu qu’au cœur de l’épreuve elle puisse demeurer attachée à cette joie première en Lui, de savoir garder patience, d’avoir les paroles qui rassérènent, d’avoir les gestes qui soignent. Ce qu’on doit demander dit Jésus, c’est l’Esprit Saint, cette force au-delà de notre force, cette force plus forte que nos petites forces qui fait qu’on aime là où tout nous porterait à haïr, comme Lui, Jésus au cœur de sa passion.
J’ajoute que ses paroles : « Qui voudra gagner sa vie la perdra » fonctionnent fort bien avec la joie. Si j’utilise toutes les stratégies pour la capturer je retombe dans ce travers qu’annonçait Blaise Pascal, déjà cité : « Me disposant toujours à être heureux, il est inévitable que je ne le sois jamais. » Si par contre je renonce à être heureux et cherche d’abord le Royaume de justice le reste me sera donné de surcroît. La joie s’accueille plutôt qu’elle ne se capte.

FS : En conclusion, oserais-je vous demander ce qui vous a amené au Dieu des chrétiens ?
MS : Mon histoire personnelle et familiale est plutôt ancrée dans la foi catholique, avec des parents qui, à l’époque vivaient une expérience de vie en communauté. Ma foi s’est effondrée avec leur divorce et, à l’adolescence, la lecture de Nietzsche. Elle m’a rattrapée il y a une petite dizaine d’années avec l’urgente nécessité de dire merci. J’ai écrit ce livre non seulement pour dire oui à la vie mais également merci. J’ai soudain eu l’impression qu’on était sur terre pour bénir, en d’autres mots pour dire du bien, du bien de cette création, et pour appeler à se convertir à cette joie qui est en chacun, qui veut se dire mais qu’on ne cesse de gâcher en choisissant la tristesse. J’ai vécu une conversion, notamment face à la beauté du monde. Sa laideur existe mais on ne saurait rien de la laideur du monde si on ne savait déjà quelque chose de sa beauté. On ne saurait rien de la perte, si on n’avait pas d’abord reçu. C’est ce d’abord qui est important. On ne saurait rien de l’injustice, si on n’avait pas d’abord dans le cœur une prédisposition à aimer la justice. Etre chrétien c’est essayer de ne pas se couper de la Source.

FS : « Tout en Lui est oui » lit-on dans votre ouvrage. Ce peut être le mot de la fin ?
MS : Paul dit cela à propos de Jésus : « Dieu n’a pas mis en son Fils oui et non. Tout en lui est oui. » Dans un monde où se vivent tant de blessures et d’épreuves un livre sur le consentement paraît idéaliste. Mais précisément, Jésus est l’exemple de celui qui a aimé jusque dans la souffrance, jusque dans la honte, ces moments où on voudrait ne plus exister. En Lui Dieu a sanctifié même cela, non pour dire : Vivez la honte et vivez la souffrance. Non, mais pour dire que la joie de vivre peut se glisser   et veut se glisser – jusque-là. Il est des personnes qui, au cœur de la souffrance gardent leur attention à l’autre, leur sourire. Alors on se dit : Oui, il est possible d’aimer jusque-là, de voir l’amour œuvrer jusque-là.

Propos recueillis par François SERGY906-19Paroles
Émission Entre vous soit dit   Avril 2012    © Radio Réveil
** Voir le site www.paroles.ch **

Note
(1) éditions Salvator, 2011

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