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Le passage de l’évangile de Marc qui relate la guérison d’un paralytique (Marc2,1-12) fait l’objet, dans le n° 3308 de l’hebdomadaire Réforme, d’une méditation de Samuel Sahagian qui ouvre des perspectives sur l’amour de Dieu, et la nature profonde de la guérison et  du péché.

La Parole, que Jésus est venu annoncer dans cette maison à Capernaüm, est au centre de l’événement, c’est elle qui, tout à la fois, « agit, guérit et sauve »comme le dit Sahagian,  qui dans sa tendresse (mon enfant, dit Jésus) vient toucher cet homme, comme elle vient nous toucher nous-mêmes dans toutes les parties de notre être.
Mais cette Parole, le paralysé est incapable par lui-même de l’accueillir : son handicap l’empêche de s’approcher, sa foi est peut-être affaiblie par le désespoir. « Ses quatre amis croient pour lui » nous donnant le témoignage d’une foi qui ne se laisse pas « paralyser » par des obstacles en apparence trop importants.
Les pharisiens sont surpris, et même scandalisés, de la prétention de Jésus à proclamer le pardon des péchés (« qui peut pardonner, sinon Dieu seul ? ») ; mais nous, nous pouvons être surpris aujourd’hui de l’ordre de succession des interventions de Jésus dans cette histoire, un peu comme les enfants d’une école biblique qui, en étudiant ce passage, s’étaient exclamés spontanément : Jésus aurait du commencer tout de suite par la guérison ! Tant il est vrai qu’humainement, c’est la solution de nos problèmes les plus « criants » qui semble être la priorité.
Faut-il penser, alors, que Jésus ne s’intéresse qu’à l’état spirituel de cet homme, que le seul problème « à traiter » est celui du péché ? Et en allant encore plus loin, que la guérison qui suit n’intervient que dans un deuxième temps et, au moins en partie, pour convaincre les pharisiens, par un signe manifeste, qu’il a bien une autorité venue de Dieu pour pardonner ces péchés ?
La réalité, bien sûr, est toute autre : Jésus, qui appelle le paralysé « mon enfant » est l’image d’un dieu père qui nous aime et s’intéresse à toute notre personne : corps, âme et esprit, que la Bible ne dissocie pas, elle qui nous dit avec Esaïe que Jésus a porté nos péchés et nos maladies, avec Paul que notre corps est le temple du Saint-Esprit…
Qu’est-ce que le péché fondamentalement, sinon le refus de la relation de confiance avec Dieu, de sa grâce salvatrice et de son pardon ? refus lié à notre culpabilité, celle qui vient de nos propres blessures, et (ou) celle qui nous vient des autres : à l’époque de Jésus (et aujourd’hui encore parfois !) on attribuait l’origine des maladies au péché, ou à celui des parents ; pensons aux disciples de Jésus, qui, dans un autre passage de l’Evangile (Jean 9, 2) lui posent cette question à propos de l’aveugle-né : « Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »
Ce paralytique devait souffrir, lui aussi, de cette condamnation de son entourage , mettre en doute, dans sa culpabilité, la possibilité réelle d’une guérison ; comme le dit Samuel Sahagian dans son article : « quand  il (Jésus) commence à libérer le paralytique de ce sentiment……on peut dire qu’alors le processus de guérison a déjà commencé. »
De cette culpabilisation qui nous paralyse, Jésus veut nous guérir : à travers ce texte, il s’adresse personnellement à chacun de nous,  comme il l’a fait pour le  paralytique, et il nous dit : « mon enfant, tes péchés te sont pardonnés. »

Alain Bourgade

 

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