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Au cours d’une retraite selon les exercices de Saint Ignace, il nous a été donné de méditer les Béatitudes (Mat 5) pendant le parcours.Je me prépare pour « entrer en oraison », et passer une fois encore un bon moment avec Jésus ; je m’apprête à le contempler comme un de ses disciples, et j’entre dans le silence intérieur, comme cela nous est enseigné. Je fais résonner cette première béatitude : « Heureux les pauvres en esprit »… « Heureux les humbles »… et j’attends, j’attends… Rien ne se passe. Ce n’est pas normal, Dieu a quelque chose à me dire. Cela fait déjà deux jours qu’Il me travaille sur l’humilité et là, rien ?

 

Alors la prière de Jacob (Gen 32.27) monte en moi avec une grande force : « je ne te lâcherai pas que tu ne m’aies bénie ! » Je suis prête à « camper » là, le temps qu’il faut, pour recevoir ce que Dieu a à me donner dans cette première béatitude.

Car je ne doute pas que mon « rien » cache quelque chose d’important.En effet, aussitôt mon affirmation posée, j’entends une petite voix intérieure me dire : « Crois-tu vraiment qu’on puisse être humble et heureuse ? » et l’image de ma mère remonte à ma mémoire. L’image d’une femme totalement soumise à son mari, vivant dans la crainte de lui déplaire, l’image même d’une humilité que j’avais cherché à fuir à tous prix, et j’y étais parvenue. Mais ce schéma parental m’empêchait jusque là d’entrer dans cette béatitude.A cet instant, j’ai su que j’étais libérée, redressée. L’accès m’est maintenant ouvert ; l’humilité n’a plus rien de suspect pour moi.

« Heureux les humbles », heureuse de me laisser modeler par Dieu, heureuse de me mettre à Son service, et de servir les autres parce qu’Il me le demande. Heureuse ? Fondamentalement oui, même si je dois et devrai encore combattre certains vieux réflexes d’avoir été servie pendant toute une grande tranche de ma vie où j’exerçais des responsabilités professionnelles.
Marie P.

Photographie – CC – Flickr toniVC

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