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En l’an 2000, lors d’un Sommet de l’ONU, les chefs d’Etat du monde entier se sont mis d’accord sur une déclaration qui a été intitulée “ Déclaration du Millénaire ”.

Cette Déclaration du Millénaire contient la base de ce que l’on appelle les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) que l’on peut résumer approximativement en disant qu’il s’agit de réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici 2015.

Ces OMD constituent un document de référence pour l’ensemble de la communauté internationale. Il comprend des cibles et des indicateurs chiffrés, permettant d’en évaluer les progrès ou les échecs.

A la lecture de ces OMD, on peut avoir une double impression : d’une part, on ne peut réprimer l’idée qu’il s’agit d’un projet utopique, qui ne sera jamais réalisé ; d’autre part, on ne peut pas douter que nous disposions des moyens nécessaires pour atteindre ces Objectifs si nous le voulons vraiment.

Le pessimisme (ou le fatalisme) peut s’alimenter de la considération de l’énoncé de l’Objectif 3 qui fixe à 2005 si possible l’élimination de la disparité entre les sexes dans les enseignements primaires et secondaires. Nous savons aujourd’hui que l’objectif n’est pas atteint.

Pour que la lutte contre la pauvreté puisse avoir une importance significative au niveau international, il ne suffit pas que les dirigeants prennent des engagements ou expriment de bonnes intentions : il faut un soutien net de l’opinion publique et une mobilisation de la société civile.

C’est dans cette optique, que l’ONU a lancé une campagne de soutien aux OMD, la Campagne du Millénaire, et qu’elle encourage toutes les initiatives propres à contribuer à leur réalisation.

Des chrétiens se sont mobilisés, parmi les premiers, pour intégrer cette donnée que constituent les OMD à leurs préoccupations pour les plus pauvres et pour la justice. Le site de la Campagne du Millénaire mentionne en particulier le Défi Michée. Pour en savoir plus…

Dans les pays développés comme dans les pays en développement, on trouve en effet tout un foisonnement d’associations, d’organisations, de syndicats etc. Pour l’an 2005, 5 ans après les OMD, à tiers parcours, beaucoup ont décidé d’unir leurs forces en s’associant dans l’Action Mondiale contre la Pauvreté, un réseau international qui s’est organisé en coalitions nationales relativement indépendantes dans plusieurs dizaines de pays. Parmi ces coalitions, notons Make Poverty History, la campagne One aux Etats-Unis et la coalition “ 2005 : plus d’excuses ! ” en France.

L’Action Mondiale contre la Pauvreté a choisi comme symbole le bandeau blanc qu’elle a appelé chacun à porter à trois dates phares de l’année : le 01 juillet, avant le G8, le 10 septembre, avant le Sommet des Chefs d’Etat et le 10 décembre avant la rencontre de l’OMC.

Là encore, des chrétiens ont décidé de rejoindre l’Action Mondiale contre la Pauvreté. La campagne du Défi Michée par exemple en est membre et appelle les chrétiens à porter un bandeau blanc lors des journées en question et à s’impliquer dans les activités de l’Action Mondiale contre la Pauvreté de leur pays.

Pourquoi les chrétiens s’engagent-ils dans ces actions liées aux OMD ? Je voudrais donner quelques éléments de réponse en lien avec la campagne du Défi Michée.

De façon négative, leur engagement ne consiste pas à donner carte blanche à l’ONU ou à de grandes institutions internationales comme la Banque Mondiale ou le FMI ; elle n’appelle pas non plus les dirigeants à se soumettre à toutes les idées proposées par l’administration onusienne pour mettre en œuvre les Objectifs.

De façon positive, leur engagement consiste d’une part à faire le point pour eux-mêmes sur la façon dont ils soutiennent les pauvres et veillent à la justice et d’autre part à demander à ceux qui les dirigent de faire ce qu’ils préconisent dans les OMD.

Cette démarche peut se présenter comme une démarche de plaidoyer : les chrétiens veulent élever la voix pour ceux qui ne peuvent pas se faire entendre (dans l’esprit de Proverbes 31.8-9). Malgré des résultats mitigés, la campagne internationale en faveur de l’annulation de la dette des pays pauvres dans laquelle des chrétiens ont joué un rôle de premier plan permet d’espérer que lorsqu’une mobilisation de masse se produit, elle est susceptible d’avoir un impact positif réel.

Les chrétiens croient que l’Ecriture éclaire les problèmes complexes de notre temps (cf. l’article de Jean-Paul Maréchal, “ L’éthique économique de la Bible ” in L’économie politique, n°27, Juillet-Septembre 2005, p.66-81) et qu’en tant que chrétiens ils peuvent apporter une contribution propre au sein de la société civile dont ils doivent être des membres responsables.

Daniel Hillion
S.E.L. (Service d’Entraide et de Liaison) / Défi Michée

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